17 janvier 2011

PV - Conseil d'établissement du 24 novembre 2010

Procès-verbal

Réunion du Conseil d'établissement de l'école Saint-Ambroise
Le mercredi 24 novembre 2010 à 19h

Tel qu'adopté lors de la séance du Conseil d'établissement du 19 janvier 2011


Parents
Présences
Équipe-école
Présences
Martine Bussières
√
Julie Balthazar
√
Frédéric Gouin
√
Martine Côté
√
Catherine Leduc
√
Suzanne St-Pierre
√
Christine Charles
√
Maude Belleville
√
Hugo Roy
√
Danielle Lachambre
X
Stéphanie Thibodeau
√
Catia Aguzzi
X
Marie-Hélène Tremblay 
√
Geneviève Denis
√
Marie-Ève Brodeur OPP
Geneviève Cadieux, directrice adjointe
√
Johanne Lévesque, directrice
√

1. Vérification du quorum et ouverture de l’assemblée

Le quorum est respecté. L'assemblée est ouverte.

2. Adoption de l’ordre du jour

L'ordre du jour est lu. On déplace le point 6 au point 3 pour aborder ce sujet avec les parents visiteurs. Tous les autres sont décalés. Marie-Hélène Tremblay propose l’adoption de l’ordre du jour, appuyée de Julie Balthazar. L’ordre du jour modifié est adopté à l'unanimité. 

3. L’enseignement de l'anglais

Certains parents assistent à la réunion pour avoir des informations au sujet des heures d’enseignement en anglais en 4e et 5e année ainsi que pour l’anglais intensif en 6e année. Les parents sont inquiets de la diminution des heures en 4e année (de 2 périodes en 2009-2010 à 1 période en 2010-2011) et en 6e année. En effet, l’an dernier l’enseignement de l’anglais intensif s’est effectué sur le tiers de l’année et non la moitié comme c’était le cas les années précédentes. Les parents se questionnent sur les effets de cette diminution sur les habiletés que les enfants auront en anglais.

La directrice nous explique que l’école Saint-Ambroise a décidé de privilégier la stabilité du personnel enseignant, ce qui explique le partage de l’année en tiers puisqu’il y avait trois classes de 6e. Le recrutement d’enseignants qui travailleraient seulement une portion d’une tâche est vraiment très difficile et provoque souvent un roulement de personnel. Cette année le problème ne se présente pas puisqu’il y a deux classes de sixième année. Ces classes se partageront donc la moitié du temps. Dans deux ans, il y aura à nouveau trois classes en 6e, on devra donc se pencher sur la situation et retenir un modèle de service.

Les parents demandent que l’enseignement de l’anglais intensif qui inclut une moitié de l’année soit conservé dans la recherche de solutions. Ils demandent en outre d’être informés des modalités de réalisation de ce projet. La directrice assure les parents que l’école n’a pas l’intention de laisser tomber le programme.

4. Adoption du procès-verbal de la réunion du 27 octobre 2010

Quelques modifications sont à apporter au PV. L’adoption est reportée à la prochaine rencontre.
4.1 Fondation
Résolutions à adopter: Création de la fondation (annexe 1) et autorisation d'un budget de fonctionnement (annexe 2).

Hugo souligne que ces résolutions permettront de continuer le processus de création, mais n’engagent pas (encore) le CÉ. Le document de travail est déposé en annexe (annexe 3).
Résolution concernant la création de la fondation.
La résolution est proposée par Hugo Roy, appuyée par Marie-Hélène Tremblay.

La résolution est adoptée à l’unanimité.
Résolution concernant l’approbation d’un budget
La résolution est proposée par Julie Balthazar, appuyée par Stéphanie Thibodeau.

La résolution est adoptée à l’unanimité.
Objets de la fondation
Le CÉ discutera des objets de la fondation dans les prochaines rencontres.
4.2 Projet éducatif, état de la situation
Johanne nous présente le document de recrutement pour le groupe témoin de parents qui travaillera au renouvellement du projet éducatif. Les directions ne devraient pas être présentes, pour permettre aux parents de s’exprimer librement. On pense à demander à un membre de CÉ d’être présent pour faire l’animation de cette soirée. La feuille de recrutement sera distribuée aux parents à partir de demain. Les membres du CÉ recevront un courriel indiquant s’il manque des participants. Hugo se propose pour faire l’animation de cette soirée.

Le CÉ approuve la tenue d’une rencontre d’un groupe témoin le 8 décembre pour une cueillette de donnée dans la démarche du renouvellement du projet éducatif.
4.3 Activité spéciale: où en sommes-nous dans nos réflexions?
Compte tenu de l'heure tardive, ce point est reporté à la prochaine rencontre.

5. Budget

Les documents sont déposés aux membres avec quelques explications et demeurent pour consultation. Peu d’information est fournie car c’est un nouveau logiciel de traitement du budget et plusieurs coquilles et difficultés sont rencontrées.

7. Service de garde

Catia Aguzzi est absente pour une à deux semaines pour raisons de santé. Hugo Roy propose que le CÉ lui envoie une carte et des fleurs, appuyée par Catherine Leduc.

Adoptée à l’unanimité.

Catia ne sera pas remplacée, Monique et Geneviève se chargeront des tâches urgentes jusqu’à son retour. Les parents ont été avisés que la prochaine facture arrivera avec un peu de retard.

8. OPP - Choco-fête

Marie-Ève Brodeur de l’OPP a demandé d’assister à la rencontre. Elle nous présente un projet de l’OPP pour le 15 décembre. Pour créer un rapprochement, l’OPP organisera un 5 à 7. Il y aura chocolat chaud et beignes servis sur la cour, accompagnés de musique. On estime le coût à environ 200$. Les enfants devront être accompagnés de leurs parents.

Proposée par Hugo Roy et appuyée par Catherine Leduc. Adoptée à l’unanimité.

9. Informations
9.1 Informations de la directrice
Approbation des sorties
Johanne ajoute une demande du service de garde : Le groupe de Karine et Jannik veut aller à l’île Ste-Hélène pour débuter le tournage du film Harry Potter.

Le 17 janvier, à l’école les élèves des classes 5A et 5B auront un atelier sur le compostage.

Hugo propose l’approbation des sorties, appuyé par Christine Charles.

Adoptée à l’unanimité.
Capacité d'accueil
Johanne nous présente les démarches de la commission scolaire concernant la capacité d’accueil en regard de la diminution des ratios. Il faudra s’attendre à certains réaménagements dans l’école et dans le quartier pour accueillir tous les élèves.
Journée d'inauguration de la cour
Bilan de la journée d’inauguration de la cour: c’était une très belle journée, pour les élèves comme pour le personnel. Il y a encore quelques petites améliorations à apporter à la cour (plus d’éclairage dans la cour, remplir le passage de la rue Chambord pour enlever la boue). Il y a encore du vandalisme.
Bourses parascolaires
On a reçu 24 demandes de bourses parascolaires. Dix ont été acceptées, pour un montant total de 1270.00$. Le montant déboursé par le parascolaire est de 530$.

Christine Charles doit quitter le groupe à 21h.
Dépôt de documents
Plan de réussite, bulletin d’informations aux parents, lettre de Kenneth George, budget.
Budget
Johanne nous présente les grandes lignes du budget sommaire et détaillé.
9.2 Information à propos du CPR centre
Linda Laurencelle a un mandat en tant que commissaire-parent, Elle doit vérifier auprès des délégués si l'aide aux devoirs est adéquat ou non dans leur école.

1-Est-ce satisfaisant ou ce n'est que de l'occupationnel (gardiennage)?
2-Est-ce un organisme communautaire ou un programme mis en place par l'école ?
3-Un suivi rigoureux est-il fait, par votre école, auprès des organismes communautaires pour voir si leur intervention est efficiente ou non?
4-Est-ce que la direction met ce sujet à l'ordre du jour de votre CÉ au moins une fois par année?

Elle nous demande de lui répondre directement à: laurencelle.l@csdm.qc.ca

Comme cette évaluation est déjà faite à Saint-Ambroise pour l’année 2009-2010, nous convenons de lui faire parvenir celle-ci. La directrice s’en chargera.

Il y aura formation le jeudi 2 décembre sur l’intimidation.
9.3 Informations du président
Dépôt de documents de la commission scolaire.
9.4 Varia
Stéphanie et Martine prévoient organiser une soirée cinéma pour amasser des fonds pour le projet Harry Potter. Le prix serait de 2$ pour l’entrée et 1$ pour les friandises. Elles suggèrent le 10 ou le 17 décembre. Comme Geneviève constate que la direction ne peut être présente, on demande que cette soirée soit remise au mois de janvier.

Catherine fait part de son malaise par rapport aux campagnes de financement qui visent à procurer à l’école du matériel informatique.

10. Levée de l’assemblée

Proposée par Hugo Roy, appuyée par Catherine Leduc


(s) Hugo Roy, président du Conseil d’établissement

(s) Catherine Leduc, secrétaire
(s) Johanne Lévesque, directrice


ANNEXE 1
- Création de la fondation -

«Le conseil d'établissement, par la présente résolution, appuie la création de la Fondation de l'École Saint-Ambroise, pour autant qu'il soit informé des décisions prises par son éventuel conseil d'administration. Ces décisions devront être en accord avec le projet éducatif de l'école et respecter les objets que la fondation se sera donnés.»


ANNEXE 2
- Autorisation d'un budget -

«Afin de permettre la création de la fondation de l'École Saint-Ambroise, le conseil d'établissement l'autorise à engager les sommes nécessaires, notamment celles relatives à son enregistrement. Les membres du comité devront faire état des dépenses au conseil et justifier tout montant excédant 250.00$»

ANNEXE 3
- Résumé des étapes de création de la fondation -

1. Adoption par le CÉ de résolutions relatives à la création de la fondation et à l'obtention d'un budget de fonctionnement minimal

Voir annexes 1 et 2 pour les textes exacts.

2. Déterminer les objets de la Fondation de l'École Saint-Ambroise

Le CÉ doit déterminer les objets de la fondation. Nous sommes d'avis que nos objets doivent être en nombre limité et être assez larges pour englober l'ensemble des cibles futures.

Voici les principales possibilités adoptées par des fondations comparables à la nôtre:

a) Soutenir l’école dans sa mission et dans la réalisation du projet éducatif.
b) Encourager et soutenir la réalisation d'activités éducatives, sportives et culturelles pour tous les enfants de l'école.
c) Contribuer à des projets de soutien de l'infrastructure de l'école.
d) Venir en aide aux élèves, notamment en défrayant le coût de fournitures scolaires essentielles, de sorties culturelles, sociales ou sportives, de participation aux activités scolaires complémentaire.
e) Fournir des équipements pédagogiques adéquats.
f) Attribuer des bourses, prix ou récompenses.
g) Contribuer d’une façon complémentaire à la formation ou au perfectionnement des élèves et du personnel enseignant.
h) Appuyer les enseignants dans leur travail d'enrichissement pédagogique auprès des élèves.
i) Fournir un soutien financier aux projets et aux activités qui suscitent l'intérêt, l'encouragement et la participation d'un maximum d'élèves.
j) Promouvoir et favoriser le développement et l’avancement de la qualité de l’enseignement et de l’éducation à l’école.
k) Défendre et promouvoir les intérêts des étudiants, contribuer à la recherche et au développement de l’école Lanaudière et promouvoir l’excellence.
l) Favoriser la poursuite des études chez les élèves.
m) Favoriser, encourager et soutenir la réussite éducative des élèves.
n) Promouvoir, améliorer, développer et favoriser la qualité de l’enseignement dispensé aux élèves.
o) Encourager et soutenir la recherche sur des méthodes éducatives.
p) Aider les élèves qui ont des difficultés d’apprentissages.
q) Subventionner les projets humanitaires des élèves.

3. Approbation de la CSDM (pour utilisation du nom de l'école).

La CSDM (comité exécutif) nous proposera une entente que nous devrons signer.

Cette démarche a été effectuée en décembre 2010.

4. Remplir le formulaire « Demande de constitution en personne morale sans but lucratif »

Sera suivie de la demande d'enregistrement comme organisme de bienfaisance (fiscalité et sollicitation). Cela surviendra après l'enregistrement.

5. Registraire aux entreprises:

a) Vérification quant au nom choisi. C'est fait.
b) Demande de réservation de nom (37$).

Nos élèves, illettrés numériques

Par François Cardinal

Publié dans La Presse, 17 janvier 2011

On a introduit l'ordinateur dans les classes d'école, on remplace l'ardoise par des tableaux interactifs branchés sur internet, on multiplie les portails, les didacticiels et les labos informatiques.

Et pourtant, encore aujourd'hui, la plupart des élèves québécois ne savent pas comment naviguer adéquatement dans cet océan d'information. Affligeant!

Bien sûr, les jeunes se meuvent avec aisance dans l'univers technologique, ils savent comment utiliser un traitement de texte, calculer en déplaçant leur souris et mener une recherche sur Google. Mais la plupart d'entre eux sont incapables d'aller plus loin que les premiers résultats présentés, de naviguer de façon efficace, de discriminer les bons des mauvais sites, de lire ce qu'ils dénichent avec un sens critique. Bref, de surfer intelligemment.

Les parents le voient bien. Leurs enfants n'ont parfois, comme tout devoir, qu'à «faire une recherche» sur le web ou à «trouver de l'information» sur un événement, sans qu'il soit question du choix des sources, de la fiabilité des données ou de l'éthique entourant le copié-collé...

La chose ne fait pas les manchettes, mais elle n'en est pas moins choquante, car les exclus de la société du savoir seront ceux qui ne s'y retrouveront pas.

Tout comme un crayon ne permet pas d'apprendre à écrire, un branchement à internet ne permet pas d'apprendre à s'en servir de façon intelligente. Et malgré cela, dans tout le débat sur la réforme et les compétences transversales, jamais les autorités n'ont-elles parlé des «compétences informationnelles», ce que les Américains appellent l'information literacy.

Voilà pourquoi, encore aujourd'hui, le sujet est carrément absent du cursus obligatoire des futurs maîtres. Voilà pourquoi bien des profs s'en tiennent trop souvent à une banale «intégration des technologies» à des fins de «pilotage d'activités d'apprentissage». Voilà pourquoi le développement de cette compétence dans les classes repose sur l'intérêt de l'enseignant pour les technologies de l'information.

Or il s'agit, pour l'école, d'un des défis les plus importants du XXIe siècle. Comme le soulignait récemment le philosophe Umberto Eco, «à l'avenir, l'éducation aura pour but d'apprendre l'art du filtrage».

Le Québec, à ce chapitre, a un sérieux retard à rattraper, d'autant que cette matière est obligatoire dans la plupart des écoles américaines. On peut bien se féliciter des résultats de l'évaluation PISA, mais la province aurait eu de bien piètres résultats si on y avait mesuré ce qu'on appelle la «littératie», c'est-à-dire l'habileté de comprendre comment l'information est organisée, de trouver les données recherchées, d'identifier les meilleures sources et d'utiliser ces dernières de manière critique.

À n'en pas douter, au fur et à mesure du développement de la société du savoir, les «illettrés numériques» s'ajouteront aux analphabètes. Assurons-nous que les Québécois ne soient pas du nombre.

Lettre du commissaire (no 488, 16 janvier 2011)

Chers amis, Bonjour,

Vous allez être contents de moi; je serai anormalement bref!

1. Le CPE Chez-nous Chez-vous

Ce CPE situé près de l’école St-Gérard devrait acheter l’édifice qu’il occupe, édifice qu’il loue depuis plusieurs années du Comité de gestion de la taxe scolaire de l’île de Montréal (CGTSIM). Les démarches relatives à la vente n’étant pas complétées, le CGTSIM et le CPE en sont venus à une entente pour la poursuite de la location.

2. Madame Nadine Leduc confirmée comme directrice

Depuis septembre, madame Nadine Leduc agit comme directrice par intérim de l’école St-Gabriel-Lalemant. À sa dernière réunion, le Conseil des commissaires l’a confirmée à ce poste.

Madame Leduc détient un DESS en administration de l’éducation et une maîtrise en géographie (didactique). Elle a une vaste expérience de gestion d’école. Madame Leduc agit vraiment comme leader dans une équipe. Elle sait être à l’écoute des besoins du milieu et agir en partenariat avec tous les acteurs qui veulent s’investir dans la réussite des élèves. Je sais que madame Leduc est grandement appréciée par les parents de l’école.

3. Un don à Victor-Doré et Joseph-Charbonneau

Le 5 décembre dernier, le Chœur Alartica a donné un concert de Noël. Une partie du coût des billets est allé en don aux écoles Victor-Doré et Joseph-Charbonneau; le Choeur a remis 1 420 $ à ces deux écoles.

4. Cocktail de la CDEC Centre-Nord

C’est le mercredi 19 janvier que la CDEC Centre-Nord tient cette activité au 565, Crémazie Est, à la salle Louis-Laberge.

5. Statistiques Canada en période d’embauche

Cet organisme fédéral cherche des employés pour le recensement qui vient. Si un tel poste vous intéresse, vous allez sur le site www.recensement2011.gc.ca et vous cliquez « emploi au recensement ». Vous complétez ensuite les étapes indiquées.

Je précise par ailleurs que le site pourrait avoir des ratés; cela est dû à l’affluence. Il ne faut pas se décourager, il faut recommencer.

Voilà. Je tiens ma promesse : j’ai été assez bref!

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Embrassez vos enfants pour moi

Bonne semaine



Kenneth

10 janvier 2011

Pour en finir avec les notes

Par Sylvia Galipeau
Publié dans La Presse, 10 janvier 2011

Mais à quoi servent les notes? S'il faut en croire les adeptes de la déscolarisation, la réponse est simple: à rien.

Leur philosophie, basée sur l'auto-apprentissage, sans contrainte ni programme, rejette aussi les examens et les bulletins. La rigidité de l'école et les évaluations régulières sont perçues comme improductives, incitant les élèves à apprendre non plus par curiosité, mais pour exceller. Si les élèves échouent, dit-on, c'est finalement parce qu'ils n'apprennent plus pour les bonnes raisons.

Prenez l'exemple de Carlo Ricci. Il n'a jamais aimé l'école. Jamais. Mauvais élève, il n'a d'ailleurs pas été capable d'entrer à l'université après son secondaire. Il a donc préféré voyager. Un an plus tard, désormais déterminé, il s'est inscrit dans une filière technique bidon et a excellé. Armé d'un dossier cette fois béton, il s'est alors réinscrit à l'université. A fait deux bacs. Une maîtrise et un doctorat plus tard (achevés chacun, à la stupéfaction générale, en un an à peine), il enseigne aujourd'hui à la maîtrise, en éducation, à l'Université de Nipissing, en Ontario.

Pourtant, au secondaire, ses profs ne donnaient pas cher de son avenir. «Non, les écoles ne connaissent pas le potentiel de leurs élèves!» déplore-t-il.

Aujourd'hui, Carlo Ricci est l'un des rares (voire le seul) à enseigner l'éducation alternative dans un programme de sciences de l'éducation au pays. Dans le milieu, c'est une référence. «Et tout ce que j'ai appris sur la question, je l'ai appris tout seul. Il n'y a pas un cours en éducation à l'université qui se consacre à l'éducation à domicile, à la déscolarisation, à John Holt.»

Aujourd'hui père de deux enfants, il met enfin en pratique sa philosophie: son aînée va à l'école («parce que c'est son choix»), mais pas sa cadette, qui a préféré apprendre à son rythme, à la maison. «Moi, je prône le respect de l'enfant et la confiance. Alors c'est ce que je fais avec mes filles. Je les accompagne dans leurs choix.»

Déscolarisés, oui, mais instruits

Par Sylvie Galipeau
Publié dans La Presse 10 janvier 2011

Ils apprennent à leur rythme. Selon leurs préférences. L'astrologie ici, le roi Arthur là. Ou pourquoi pas la philosophie. Kantienne. Mais la question se pose: comment réussissent les enfants qui ne vont pas à l'école? Dans ce deuxième volet de notre série sur la déscolarisation, Vivre s'attaque à l'épineuse question des résultats scolaires.

Par définition, les enfants déscolarisés ne passent pas d'examens, fonctionnent sans notes ni bulletins. Difficile, dans ce contexte, d'évaluer leurs apprentissages.

Quelques enquêtes ont néanmoins analysé la performance académique des élèves faisant l'école à domicile, un groupe hétérogène à l'intérieur duquel se retrouvent quelques marginaux: les élèves déscolarisés. Les données sont sans équivoque.

Ainsi, d'après un rapport publié en 2007 par l'Institut Fraser sur l'enseignement à domicile (Home Schooling: From the Extreme to the Mainstream), l'un des rares rapports canadiens sur la question, il semble effectivement que les enfants instruits à la maison réussissent systématiquement mieux que ceux qui fréquentent l'école (publique ou privée), et ce, dans tous les domaines. D'après une enquête réalisée auprès de plus de 20 000 familles aux États-Unis, les jeunes instruits à la maison se retrouvent entre le 82e et le 92e percentile en lecture, et dans le 85e percentile en maths. Globalement, leurs notes oscillent entre le 75e et le 85e percentile, bien au-dessus des jeunes des écoles publiques (dans le 50e percentile), même des écoles privées (entre le 65e et le 75e percentile).

Une enquête canadienne arrive sensiblement aux mêmes résultats: ainsi, les jeunes instruits à la maison se retrouvent dans le 80e percentile en lecture et le 79e en maths, alors que les jeunes instruits dans le système public ou privé se classent dans le 50e percentile.

Un bémol, toutefois. Ces chiffres sont peut-être à prendre avec un grain de sel, étant donné que ces enfants passent les tests qui leur plaisent, surtout au moment de leur choix. Une nuance importante, quand on pense au contexte dans lequel se déroulent la plupart des examens scolaires formels. «Cela étant dit, étude après étude, on note quand même que les jeunes suivant l'école à la maison réussissent mieux que leurs pairs à l'école», fait valoir le rapport de l'Institut Fraser.

À noter, alors qu'il est généralement admis que le niveau d'éducation des parents influence le succès scolaire des enfants, cela ne semble pas être le cas ici: que la mère ait ou non un diplôme (même du secondaire), les enfants instruits à la maison ont des scores entre le 80 et le 90e percentile. Toujours loin devant les élèves du système public ou privé.

Et qu'en est-il des études supérieures? Les institutions universitaires commencent à s'intéresser à ces jeunes instruits différemment, conclut le rapport. Qu'il s'agisse de Harvard, Yale, Stanford ou du MIT, toutes ces universités américaines prestigieuses ont accueilli des jeunes instruits à la maison dans la dernière décennie. Stanford, par exemple, qui a reçu 36 demandes d'inscription de jeunes sans scolarité formelle en 2000, en comptait plus de 100 en 2007. De plus en plus d'institutions ont d'ailleurs des mesures établies pour leur admission (acceptant, faute de bulletins, les portfolios et lettres de recommandation). Au Canada, il s'agit des universités de Toronto, York et Dalhousie, entre autres.

Lettre du commissaire (no 487, 9 janvier 2011)

Chers amis, Bonjour,

On reprend contact après deux semaines. Ce temps particulier que nous venons de vivre tire à sa fin. S’il a été bon de briser la routine et de bien vivre cette période de Fêtes … il est bon aussi de retrouver la vie de tous les jours.

Je vous souhaite une très bonne année 2011. Bien sûr, les années passent et on peut avoir l’impression qu’elles se ressemblent toutes. On sait bien cependant que ce n’est pas le cas. L’année passée a fait de nous des personnes plus expérimentées, meilleures.

Il est deux souhaits que je nous fais à tous. D’abord la santé, bien sûr. Je nous souhaite aussi de prendre conscience du pouvoir des mots, ces mots qu’on prononce en classe, autour de la table à diner, lors de réunions. Les mots que l’on utilise peuvent blesser autant qu’elles peuvent aider quelqu’un à renaître. Guillaume Apollinaire a écrit : « Il est grand temps de rallumer les étoiles ». Les mots que l’on dit peuvent et doivent servir à cela.

Bonne et belle année à tous et toutes.

1. Nouvelle direction à Saint-Arsène

À sa dernière réunion, le comité exécutif de la commission scolaire a nommé Madame Sylvie Chaloux au poste de directrice par interim de l’école Saint-Arsène; elle remplace monsieur Mathieu Lachance, en congé jusqu’à la rentrée scolaire 2011.

Madame Chaloux était directrice adjointe de l’école Georges-Vanier. Elle détient un DESS en administration de l’éducation; elle est spécialisée en enseignement de l’art dramatique. Elle a déjà enseigné au primaire. À Vanier, elle s’occupait notamment des relations entre cette école et les écoles primaires.

Fait intéressant à noter: Mme Chaloux demeure à moins de 5 minutes de marche de l’école.

Dans son action quotidienne, Mme Chaloux exerce un leadership discret, elle ne fait pas de sparages. Elle sait cependant où elle veut aller et met en oeuvre les moyens d’action pour y arriver; ses collègues sont ses complices.

2. Victor-Doré et Joseph-Charbonneau

À sa dernière réunion, le Conseil des commissaires a attribué le contrat de services professionnels d’architecture et d’ingénierie pour l’agrandissement des écoles Victor-Doré. Je rappelle qu’au total, ces agrandissements représentent un investissement de 16 M $.

3. L’Académie de Roberval et Viva l’Italia!

Des jeunes de cette école, avec deux accompagnateurs, partiront pour l’Italie cet été. Ils sont 24 à planifier ce voyage depuis plus d’un an. Ils arriveront à Milan, se rendront à Rome et au Vatican avant de revenir à Montréal

4. L’inscription au primaire

C’est déjà le temps d’y penser. La période d’inscription au primaire a été fixée : du 24 janvier au 28 janvier et du 31 janvier au 4 février. On peut inscrire son enfant à l’école primaire de son quartier. Si on ne connaît pas cette école, on peut avoir recours au site Web de la CSDM (http://www.csdm.qc.ca/RechercheEtablissement.aspx).

Également, un parent peut aussi choisir d’inscrire son enfant6 ailleurs que dans son école de quartier; il exerce alors le libre choix. Cela dit, un enfant ne peut être inscrit que dans une seule école primaire, celle de son quartier ou celle que l’on choisit librement.

Pour les écoles primaires ayant une vocation particulière ou un volet particulier de formation, il suffit de téléphoner à l’école pour connaître les modalités d’admission.

5. Fusion-Jeunesse dans La Petite-Patrie

À sa dernière réunion, le comité exécutif de la CSDM a décidé d’octroyer la somme de 60 000 $ à l’organisme Fusion-Jeunesse, organisme installé dans La Petite-Patrie, mais dont l’action s’étend bien au-delà. Cette somme permettra notamment à des étudiants universitaires d’animer des groupes d’élèves du secondaire dans les domaines des sciences, des technologies, de la musique, du journalisme, etc. Ces groupes d’élèves sont généralement constitués de jeunes que l’activité intéresse et d’autres élèves plus à risques d’abandonner leurs études. Les jeunes de Père-Marquette profiteront dès cette année de l’action des universitaires associés à Fusion-Jeunesse.

6. Le Chœur de la Petite-Patrie

Pour la session d'hiver 2011, le Choeur de la Petite Patrie est à la recherche de voix de basses et de ténors.

Le répertoire chanté sera principalement composé de chants classiques dont Les Sept Paroles du Christ de T. Dubois et un extrait du Requiem du Fauré. Les répétitions ont lieu les mardis soirs de 19h30 à 22h à l'Église Saint-Édouard, angle Saint-Denis et Beaubien (à côté du métro Beaubien). Les choristes contribuent 45$ pour les partitions et le CD de pratiques au début de la session.

Pour plus de renseignements, on peut téléphoner à Pauline Lagacé au 514-272-6668 ou écrire à choeurdelapetitepatrie@hotmail.com.

7. Pour parents d’adolescents

Comme par les années passées, la maison de jeunes l’Hôte-Maison offre gratuitement aux parents d’adolescents une session de 10 rencontres; il s’agit de permettre l’échange entre les parents pour qu’ils soient mieux soutenus dans leur rôle d’éducateurs.

Animées par des professionnels du CREP (Centre de ressources éducatives et pédagogiques de la CSDM), ces rencontres se feront les mercredis soir de 18 h 30 à 21 h à la maison des jeunes l’Hôte-Maison, 6255, rue Boyer, au coin de Bellechasse. La première rencontre aura lieu le 26 janvier.

Attention! Seuls 10 parents pourront être de ces rencontres. Pour s’inscrire, on appelle Jimmy ou Johanna au 514 273-0805.

8. Offre d’emploi : animatrice pour Tandem-Villeray

Tandem VSP est à la recherche d’une animatrice pour le projet d’intervention auprès de jeunes femmes de 16 à 25 ans de Villeray. Le projet vise le développement de liens sociaux pour ces jeunes et l’amélioration de l’estime de soi par l’animation de groupes de discussion et l’organisation d’ateliers.

Les candidates doivent avoir une expérience pertinente, une souhaitable connaissance du secteur communautaire et être bilingues (français /anglais - une troisième langue serait un atout). Horaire variable de 6 à 10 heures par semaine; salaire fixé à 18$ de l’heure; contrat se terminant en août 2011.

On envoie son CV par courriel, avant le 14 janvier à midi, à l’attention de Véronique Duclos, directrice de Tandem VSP, à info@tandemvsp.ca

8. Comité des lève-tôt

C’est mardi, dès 8h, que se réunira le comité au sous-sol de la succursale St-Arsène de la Caisse Desjardins De Lorimier. Je ne pourrai pas être à la réunion pour des raisons personnelles.

9. Mot d’enfant

L’enseignante demande : « Pourquoi les requins vivent-ils dans l'eau salée? » Zoé répond: « Parce que dans l'eau poivrée, ils tousseraient tout le temps ».

Voilà pour cette semaine.

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Bonne semaine

Kenneth

7 janvier 2011

Un lobby pour une «école libre»

Par Sylvia Galipeau
Publié dans La Presse, 7 janvier 2011

Une poignée de parents d'enfants «déscolarisés» militent pour la reconnaissance d'une «école libre» à Montréal.

Il existe plusieurs écoles libres aux États-Unis, en Ontario et en Colombie-Britannique. Mais pas au Québec. Par école libre, on entend ici une école qui partage la philosophie de John Holt et de l'unschooling, donc sans classes, programme, examens ni matière prédéterminée. Ce sont plutôt les enfants, comme à l'école libre de Brooklyn, qui déterminent leur horaire, leurs règles et façons de faire, ensemble, démocratiquement.

Ce sont d'ailleurs surtout des mères qui voient l'intérêt d'une telle école. Car même si la déscolarisation de son fils Loïc, aujourd'hui âgé de 14 ans et passionné de philosophie, d'histoire et de violon, a été «l'expérience la plus signifiante de sa vie», Marike Reid-Gaudet ne le cache pas. Si elle milite aujourd'hui pour la reconnaissance d'une école libre, c'est aussi parce qu'il y a eu un prix à payer: elle a dû arrêter de travailler.

«D'où l'intérêt d'une école! dit-elle. Ce serait un avantage indéniable pour les familles. Parce que ce sont surtout les mères qui s'occupent de l'unschooling. Au Québec, ce sont encore les hommes qui ont les plus gros salaires. La femme se sacrifie.»

Au Canada, on estime que 80 000 enfants reçoivent leur enseignement à la maison. Aux États-Unis, ce chiffre oscille entre 1,1 million et 2,1 millions (selon que l'on se fie aux chiffres officiels ou aux estimations des différentes associations). Ce chiffre inclut toutes les formes d'enseignement à domicile, y compris la plus marginale, l'unschooling.

Déscolarisation: une philosophie méconnue

Par Sylvia Galipeau
Publié dans La Presse, 7 janvier 2011

L'unschooling, ou la déscolarisation, a été défini pour la première fois dans les années 70 par le professeur américain John Holt. Mais certains voient les bases de cette philosophie dans les écrits de Jean-Jacques Rousseau. Dans un ouvrage controversé, How Children Fail, Holt dit que, si les enfants ont des difficultés scolaires, c'est à cause de l'ennui et de la peur de l'échec: la rigidité du système, unique et inflexible, ferait en sorte que, au lieu d'apprendre sur ce qui les anime, les enfants apprennent pour plaire et avoir de bonnes notes. D'où la peur d'échouer.

Si les adeptes de l'unschooling partagent tous cette foi en la curiosité innée de l'enfant, leurs pratiques sont souvent très variées: certains laissent l'enfant libre de toutes ses décisions (on parle des plus radicaux, l'enfant choisissant jusqu'à l'heure de se coucher), d'autres sont plus directifs et inscrivent leurs enfants à des cours d'appoint. Plusieurs, d'ailleurs, n'aiment pas trop le terme et lui préfèrent life learning (apprentissage par le vécu).

Plusieurs enfants déscolarisés finissent par aller au secondaire, au cégep ou à l'université, en faisant reconnaître leurs acquis ou en réunissant différents préalables.

À noter: l'unschooling, associé à la grande famille de «l'enseignement à domicile», en est en fait très loin, idéologiquement: au lieu de transposer l'école à la maison, on tente ici au contraire de se libérer du cursus imposé pour enseigner autrement. Plusieurs adeptes se disent d'ailleurs aussi loin de l'école à la maison que de l'école tout court.

L'école de la vie

Par Silvia Galipeau
Publié dans La Presse, 7 janvier 2011


Au Québec, des milliers d'enfants font leur scolarité à la maison. De ce nombre, une poignée -leur nombre est impossible à chiffrer- est même «déscolarisée». Instruits, oui, mais à l'école de la vie. Sans manuel, ni programme, ni horaire. Une philosophie qui dérange, certes, mais que tous les observateurs ne sont pas prêts à condamner. Portrait.


Julie Nadeau a deux enfants de 9 et 12 ans. Ils n'ont pas mis les pieds à l'école depuis des années. Si certains croient qu'elle leur fait l'école à la maison, ils ont tout faux. En fait, Julie fait tout sauf l'école à la maison. Disons plutôt: la vie à la maison. La belle vie?

«On se lève quand on a fini de dormir et on se couche quand on a sommeil», dit-elle en riant.

De prime abord, son mode de vie libéral peut sembler radical. À la limite de l'inconscience. Voire de la négligence.

Ses enfants n'ont pas d'horaire. Ils font ce qu'ils veulent quand ils veulent. Ces jours-ci, ils redécorent leur chambre. Prennent les mesures, évaluent le volume des meubles. L'aîné passe beaucoup de temps à l'ordinateur, à coder des mondes virtuels. Le cadet? Passionné par le dessin.

Non, ils ne savent pas leurs tables de multiplication par coeur («et moi non plus» précise leur mère), mais ils en «comprennent la logique». Et si l'aîné parle anglais, c'est qu'il a appris tout seul, en naviguant sur des forums de maniaques d'informatique. «Et ça n'a pas été difficile pour lui comme ça a pu l'être pour moi, à l'école», glisse sa mère.

Pourquoi? «Parce qu'il y a tellement de façons d'apprendre, répond-elle. Oui, mes enfants savent lire et compter. Mais pas parce que ça leur a été imposé. Ils ont appris quand le désir est venu d'eux-mêmes, autour de 7 ans.»

C'est ce qu'on appelle l'unschooling, ou la déscolarisation: l'apprentissage par le vécu, et surtout par intérêt. La philosophie, méconnue ici, est de plus en plus populaire aux États-Unis, mais aussi dans le reste du pays. Il suffit de fouiller un peu sur l'internet pour voir foisonner les groupes de soutien. «Les enfants naissent avec l'habileté d'apprendre, une curiosité et une soif d'explorer», explique Wendy Priesnitz, éditrice d'un magazine torontois sur les apprentissages non traditionnels (Life Learning Magazine). Elle est l'une des premières au pays à avoir adopté ce mode de vie avec ses deux filles, dans les années 70. Son aînée, aujourd'hui graphiste, a déjà enseigné la littérature à l'université, tandis que la cadette est conservatrice d'un jardin botanique, toujours à l'université. «Les enfants sont des apprenants très actifs jusqu'à ce qu'on leur apprenne à ne plus l'être», dénonce-t-elle. Selon plusieurs adeptes, l'école, notamment l'école primaire, par sa rigidité, tue la curiosité propre à l'enfant. «Je crois qu'il faut faire confiance à nos enfants et les respecter», résume l'auteure de plusieurs ouvrages sur la question (Challenging Assumptions in Education, Life Learning et Natural Child).

C'est justement ce qui a séduit Magda (qui préfère taire son vrai nom, car, comme plusieurs autres parents rencontrés, elle souhaite rester «sous le radar» de sa commission scolaire, ce qui rend difficile, voire impossible, l'évaluation du nombre d'adeptes de ce mode de vie). Elle aussi a choisi de ne pas envoyer à l'école son fils de 5 ans. «Je suis mon enfant dans ses intérêts», explique la jeune mère. Ainsi, si, dans la voiture, il l'interroge sur le nombre de prédateurs que peut bien avoir le scorpion, ou le soir, avant de se coucher, il s'amuse à faire des additions, elle joue le jeu. Parce qu'il n'y a pas de temps pour apprendre. Ici, on apprend tout le temps.

«Je ne m'imagine tellement pas lui dire: «O.K., lundi, 9h, on s'assoit.» Ce n'est tellement pas ça, le but! Mon but, c'est de faciliter son désir intrinsèque d'apprendre. Je ne suis pas une enseignante, mais une facilitatrice.»

Elle passe donc beaucoup de temps sur Google, à la bibliothèque de quartier et chez des copines qui, comme elle, n'envoient pas leurs enfants à l'école. «Ce sont des gens qui ont une certaine ouverture d'esprit et qui remettent en question la structure établie par le gouvernement, résume-t-elle. Pourquoi est-ce qu'on a décidé qu'il fallait apprendre à lire à 6 ans? Est-ce que c'est aléatoire? Est-ce que tous les enfants apprennent à marcher à 1 an?»

En attendant, son fils est bilingue. Il a appris à parler anglais en jouant avec les voisins. Il sait tout des scorpions (il fait même des exposés) et se passionne pour les chevaliers.

Condamner ou pas?

Les observateurs du monde de l'éducation sont partagés devant cette philosophie, que la plupart d'entre eux ne connaissent pas très bien. Égide Royer, psychologue et grand spécialiste en matière de prévention de l'échec scolaire au Québec, est catégorique: «Moi, à titre de père, de grand-père et de psychologue, je sentirais le besoin d'être directif, dit-il. Les petits des humains ont besoin d'être encadrés. On est faits comme ça. Même à l'époque des chasseurs-cueilleurs, les petits apprenaient des adultes.»

Il se demande s'il convient vraiment de laisser l'enfant suivre son rythme à tout prix, une critique qu'ont formulée plusieurs experts interrogés. «Si l'enfant a des difficultés, moi, j'aurais tendance à intervenir, à le surstimuler, dit-il. Mais c'est sûr que j'ai un parti-pris: je ne travaille qu'avec des enfants à problèmes!»

Même son de cloche de la part de Charles Caouette, professeur de psychologie à la retraite et pionnier de l'éducation alternative au Québec. «Il y a une foule de ressources qui sont offertes par l'État, mais là, on prive l'enfant», croit-il. Vrai, poursuit celui qui a fondé deux écoles alternatives, l'école traditionnelle «éteint la curiosité et la motivation de l'enfant», mais le parent, à lui seul, «n'est pas outillé pour stimuler toutes les facettes de l'enfant», dit-il. Enfin, le psychologue s'inquiète de la «responsabilisation sociale» de ces enfants, citoyens de demain. «Les rapports humains, le respect, la collaboration, la participation, c'est en groupe que cela s'apprend!»

Il reste que, sur le fond, la philosophie de l'unschooling rejoint beaucoup celle des écoles alternatives. «Ce qui nous ressemble, c'est le respect de l'enfant, qui est au centre des préoccupations, plutôt que la connaissance, fait valoir Pierre Chénier, responsable de l'information au Réseau des écoles publiques alternatives du Québec. On considère aussi les parents comme coéducateurs.»

Et si ces «coéducateurs» qui déscolarisent leurs enfants se regroupent effectivement de temps en temps (et la plupart d'entre eux affirment le faire, pour organiser des groupes de recherche ici, des clubs de science là, ou tout simplement des sorties en commun), pourquoi pas? «Là, je ne serais absolument pas inquiet si les parents se donnent les moyens de partager leurs compétences, dit-il. L'école ne leur apportera pas davantage!»

Christine Brabant, doctorante à l'Université de Sherbrooke, est l'une des rares chercheuses à avoir travaillé sur la question de l'école à domicile et de la déscolarisation au Québec. Son regard est très pragmatique: «Le système scolaire étant ce qu'il est, avec ces problèmes de décrochage et de démotivation, je ne crois pas qu'on puisse se permettre de perdre ces expériences. On ne sait jamais ce que ça va donner. Mais on ne sait pas ce que le programme scolaire québécois va donner non plus...»

Ce que dit la loi

Au Québec, l'école est obligatoire jusqu'à 16 ans. Mais, dans les faits, l'article 15.4 de la Loi sur l'instruction publique laisse place à une certaine interprétation puisqu'il précise qu'un enfant peut être dispensé s'il «reçoit à la maison un enseignement et y vit une expérience éducative, qui (...) sont équivalents à ce qui est dispensé ou vécu à l'école».

C'est grâce à cet article que plusieurs familles optent pour l'école à la maison. D'autres, plus radicales encore, choisissent l'unschooling, ou la «déscolarisation». Chaque année, des centaines de familles (388 en 2002, 905 en 2008) se présentent donc à leur commission scolaire, portfolio et travaux à l'appui, pour prouver que leur enfant reçoit bel et bien une forme d'instruction.

Mais en réalité, moins de la moitié des familles se présentent effectivement, croit Christine Brabant, chercheuse en sciences de l'éducation à l'Université de Sherbrooke, qui chiffre plutôt à 2000 le nombre de familles qui enseignent à domicile au Québec. Pourquoi? Parce que certaines commissions scolaires sont moins pointilleuses que d'autres. Or, elles peuvent aussi pécher par excès de zèle: il y a 30 ans, l'Ontarienne Wendy Priesnitz a dû déménager trois fois, et s'est même fait menacer de se faire retirer la garde de ses enfants. «Il a fallu que j'éduque les commissions scolaires! Personne ne comprenait ce que nous faisions.»

4 janvier 2011

Des ordinateurs pour motiver les élèves

Publié dans La Presse, 4 janvier 2011, par Ariane Lacoursière

Depuis plus de 10 ans, le taux de décrochage chez les élèves de moins de 19 ans avoisine les 30% au Québec. Pour renverser la vapeur, le ministère de l'Éducation a lancé le programme L'école, j'y tiens en 2008. Au même moment, dans un quartier défavorisé et multiethnique de Montréal, le directeur de l'école Terre des jeunes, Frédéric Hurpesz, a décidé d'utiliser massivement les ordinateurs pour intéresser ses élèves. Une véritable révolution: les jeunes sont plus motivés que jamais, comme a pu le constater La Presse. Petite histoire d'une réussite.

En 1997, Frédéric Hurpesz pensait lâcher l'école. En âge de fréquenter le cégep, il n'y allait pas, car rien ne l'intéressait. Dans un ultime effort, il s'est inscrit à un programme d'études professionnelles en comptabilité. Et c'est là qu'il est tombé amoureux de l'informatique.

Quelques années plus tard, M. Hurpesz est devenu directeur de l'école Terre des jeunes, à LaSalle. Et un constat l'a frappé: alors que la direction utilisait abondamment les ordinateurs, les enfants, eux, n'y avaient pratiquement pas accès. «J'ai voulu que ça change», raconte-t-il.

Grâce à des subventions grappillées à droite et à gauche, en 2008, M. Hurpesz a doté toutes ses classes de tableaux interactifs. Et depuis le mois de septembre, les classes de cinquième et de sixième année possèdent chacune 16 ordinateurs portables. Les élèves raffolent de cette technologie, qui leur permet de réaliser les projets les plus fous.

Bien assis à leur pupitre, le 8 décembre dernier, les élèves de sixième année de Mme Annabel ont accepté de montrer quelques-uns de leurs travaux à La Presse. Leur fierté était palpable. Pour l'enseignante, tous ces visages radieux sont un immense cadeau. «Je sens leur motivation», constate Mme Annabel.

La jeune Aricia a d'abord expliqué que tous les élèves de sa classe ont récemment eu à composer un texte humoristique. «Après, on a enregistré ces textes. Et on a modifié nos voix avec un logiciel», explique-t-elle. La fillette aux longs cheveux bruns appuie sur un bouton et fait entendre sa présentation, à la voix rapide et très aiguë. Toute la classe s'esclaffe.

En plus des textes humoristiques, les élèves de Mme Annabel ont réalisé des reportages journalistiques et ont conçu une bande dessinée virtuelle.

Fini le sac d'école!

Mais ce que les enfants aiment le plus, c'est le fait de ne plus avoir besoin de sac d'école. Tous les élèves de Mme Annabel sont maintenant munis d'un bracelet auquel est intégrée une clé USB. «Nos devoirs sont là-dessus. On apporte ça à la maison et on fait nos travaux sur nos ordinateurs», résume le petit Mohammed.

Qu'arrive-t-il si un élève n'a pas d'ordinateur à la maison? «On en loue un à la bibliothèque municipale. Ou on va chez un ami», répond de sa petite voix la frêle Geneviève, qui, pendant la visite d'une heure de La Presse, n'a cessé de se promener à droite et à gauche, trop heureuse de montrer ses réalisations.

Mis à part quelques problèmes informatiques en début d'année, Mme Annabel estime que l'implantation des ordinateurs a été un véritable succès. «Je ne m'en passerais plus!» dit-elle. Certes, elle a dû apprendre à maîtriser certains logiciels. «Mais j'ai juste appris la base. Les enfants les utilisent, maintenant, et ils m'apprennent des choses. Ils deviennent presque des spécialistes!» remarque-t-elle.

Le principal avantage des ordinateurs, de l'avis de tous, c'est la motivation. «Les enfants sont moins passifs en classe. Ils font des projets et créent beaucoup. Ça les motive», note M. Hurpesz.

«Quand on écrit, on devient fatigué. Mais quand on tape à l'ordi, on dirait presque un jeu», remarque Geneviève. Mohamed, lui, estime que les ordinateurs sont le meilleur moyen de le motiver à apprendre. «C'est bien plus intéressant!» dit-il. Presque tous les élèves de la classe de Mme Annabel disent qu'ils aimaient «moyennement» l'école l'an dernier mais que, cette année, ils adorent ça.

Dodley, un charmant garçon à la peau basanée, trouve que les ordinateurs lui permettent de mieux comprendre les travaux. «Et on bouge plus en classe, ajoute-t-il. On va chercher les consoles, on travaille en équipe, on change de place au lieu de juste rester assis à écrire.»

Le projet est si apprécié que M. Hurpesz l'étendra aux classes de troisième et de quatrième année. Enseignante en première année à l'école Terre des jeunes, Mme Natascha explique que les classes du premier cycle se contenteront d'avoir quelques ordinateurs chacune. «Parce que c'est à notre niveau qu'on apprend à lire et écrire. Donc, c'est important de ne pas tout faire à l'ordinateur», dit-elle.

En sixième année, Mme Anabel est consciente du fait que l'ordinateur ne doit pas anéantir complètement les outils d'apprentissage plus traditionnels. «On lit quand même de vrais livres», dit-elle.

«C'est sûr qu'on n'éliminera jamais complètement l'écriture avec les crayons. Mais on est heureux de voir le succès que le projet remporte. Il y a un réel intérêt. Est-ce que ça durera encore des années? Je ne sais pas. Mais pour l'instant, ça marche», note M. Hurpesz.

30 décembre 2010

Décrochage: Québec veut encourager les garçons en leur parlant d'argent... et de filles

Publié dans Le Devoir, 21 décembre 2010

Pour convaincre les garçons de persévérer à l'école, le gouvernement a décidé de leur parler franchement.

Dans un site Web dévoilé hier, le ministère de l'Éducation y va d'arguments «pragmatiques».

D'abord, l'argent: le détenteur d'un diplôme d'études professionnelles (DEP) ou collégiales (DEC) gagne en moyenne 35 % de plus qu'un non-diplômé, soit environ 9000 $ par année. De quoi acheter 782 billets de cinéma ou 134 jeux vidéo, précise le site.

Ensuite, l'amour: «Tu n'y as peut-être jamais pensé, mais les filles, elles, sont à l'école. Donc, si tu veux avoir plus de chances de rencontrer ta future blonde, tu ferais mieux de t'asseoir sur le banc d'école à côté d'elle.»

En fait, la liste des arguments énumérés par le site web est longue: «Qui est fier de dire qu'il n'a pas terminé son secondaire?» Quitter l'école pour un emploi mal payé, «ça ne veut pas dire être libre». Sans oublier: les décrocheurs courent deux fois plus de risques de faire une dépression et d'être au chômage que les diplômés, en plus de vivre moins longtemps!

Au-delà du site web, la campagne se décline en capsules télévisées qui seront présentées à RDS jusqu'au 17 janvier, puis du 28 mars au 28 avril. Le site web est accessible par le biais des adresses jefinis.com ou jelache.com.

22 décembre 2010

Guide de prévention pour les élèves à risque au primaire

Le CTREQ lance un nouvel outil: Le Guide de prévention pour les élèves à risque au primaire

Le Guide de prévention pour les élèves à risque au primaire se veut un outil efficace d’information, de prévention et d’intervention pratique. Il est destiné principalement aux enseignants et aux autres intervenants qui agissent directement auprès des élèves du primaire susceptibles d’éprouver des difficultés d’ordre scolaire et de développer des facteurs de risque pouvant mener vers le décrochage au secondaire. Toutefois, parce que la prévention du risque d’échec passe par l’implication de plusieurs acteurs du système d’éducation, le présent guide s’adresse également aux parents et au personnel de direction des établissements scolaires.

Cet ouvrage puise certains de ses contenus dans le Guide de prévention du décrochage scolaire - Y’a une place pour toi!, qui est destiné au milieu de l’enseignement secondaire; les deux guides touchent ainsi de près une problématique très présente au Québec.

Le guide a été conçu de façon à transmettre aisément des informations pertinentes aux clientèles visées:
La description de quatre types d’élèves à risque au primaire
Des recommandations et des pistes d’intervention ciblées pour chaque type d’élèves à risque, à l’intention des enseignants et autres intervenants en milieu scolaire
Une procédure et des outils de dépistage permettant d’identifier les quatre types d’élèves à risque
De l’information sur des programmes et des outils d’intervention
Des références et des ressources accessibles sur Internet pour les intervenants, les enseignants, les parents et les directions d’école
Des conseils pour favoriser la motivation et la réussite scolaire des élèves à risque

Auteurs :
Pierre Potvin Ph.D., ps. éd.
Jean-René Lapointe M.A en éducation

Éditeur : CTREQ

Composantes

Le guide est divisé en huit sections facilement reproductibles:

Section 1: Les élèves à risque d’échec scolaire au primaire: état de la situation

Section 2 : Être l’enseignant d’un élève à risque ou son intervenant en milieu scolaire

Section 3 : Être à la direction d’une école primaire accueillant des élèves à risque

Section 4 : Être le parent d’un élève à risque

Section 5 : Intervenir auprès d’un élève à risque

Section 6 : Procédure pour le dépistage des élèves à risque

Section 7 : Annexes : Répertoire de sites Internet et Programmes de prévention

Section 8 : Notes et références

La section 1, plus générale, est destinée à toutes les personnes qui se sentent concernées par le phénomène des élèves à risque au primaire. Elle renferme des informations précieuses quant au concept d’«élève à risque», et peut être vue comme un outil de référence pour toute personne désireuse d’en savoir plus sur la question.

Les sections 2, 3 et 4 s’adressent respectivement à l’enseignant responsable d’un groupe au primaire, aux intervenants spécialisés, à la direction d’écoles et aux parents. Ces trois sections sont susceptibles de mieux faire comprendre la réalité des élèves à risque et de faciliter les interventions auprès de ces derniers.

Les sections 5, 6 et 7 proposent des pistes d’intervention aux enseignants et aux autres intervenants en milieu scolaire. Elles leur offrent notamment la possibilité d’expérimenter des procédures de prévention et de dépistage des élèves à risque au primaire, et mettent à leur disposition des outils concrets, éprouvés et validés.

Enfin, la section 8 présente toutes les références bibliographiques ainsi que les notes explicatives dispersées dans le document.

Clientèles utilisatrices

Les directions des écoles primaires
Les intervenants scolaires ou toute autre personne qui a le mandat d'aider les enfants à risque
Les enseignants
Les parents

Ce guide s'adresse principalement aux intervenants et enseignants des milieux scolaires qui oeuvrent directement auprès d'élèves du primaire susceptibles ou à risque de vivre des difficultés scolaires et de développer des facteurs de risque liés au décrochage. Cependant, deux sections du guide ciblent précisément les directions des établissements primaires et les parents.


Objectifs

Sensibiliser et informer les utilisateurs sur les caractéristiques des enfants à risque de vivre des difficultés scolaires au primaire
Favoriser une meilleure compréhension de la réalité des élèves à risque et à faciliter l'intervention auprès de ceux-ci
Proposer aux enseignants et intervenants scolaires une procédure de dépistage des élèves à risque et des outils d'intervention adaptés

Recherches à l’origine du transfert

Le Guide de prévention pour les élèves à risque au primaire s’appuie sur trois études longitudinales: la première étude, réalisée dans le milieu de l’enseignement secondaire, s’intitule Validation d’un modèle multidimensionnel et explicatif de l’adaptation sociale et de la réussite scolaire de jeunes à risque (Fortin, Potvin, Royer & Marcotte, 1996-2002). La deuxième étude, réalisée auprès d’élèves de la maternelle et des deux premières années du primaire, porte le titre suivant: Facteurs de réussite dès le début de l’éducation préscolaire et du primaire (Potvin & Paradis, 2000). La troisième étude longitudinale, qui est une continuité de la deuxième, a été menée auprès d’élèves de la maternelle à la fin du secondaire (1993-2004); elle s’intitule Étape II d’une étude longitudinale sur les facteurs de réussite dès le début du primaire (Potvin, Leclerc et Massé).

Les auteurs du guide ont également consulté un ensemble de publications scientifiques et gouvernementales récentes et pertinentes.

Comment se procurer cet outil ?

Le guide est disponible gratuitement en version électronique (pdf). Vous pouvez le télécharger en cliquant ici.

Renseignements

Alain Pednault, chargé de projets, CTREQ
Tél. : 514 529-2842

19 décembre 2010

La lettre du commissaire (no. 486, 19 décembre 2010)

Chers amis, Bonjour,

Ne cherchez pas dans cette lettre des renseignements comme ceux que vous y trouvez d’habitude. Je vous re-parlerai des écoles et de notre milieu en janvier.

Aujourd’hui, à une semaine de Noël, je veux prendre le temps, prendre votre temps et mon temps, pour vous souhaiter de très agréables moments avec votre famille et toutes les personnes qui vous sont chères. Au-delà de la foire commerciale qu’est devenue la fête de Noël, il faut y voir une occasion de se retrouver de façon spéciale en famille; se retrouver, c’est-à-dire, choisir de prendre du temps pour oublier notamment les préoccupations professionnelles, les préoccupations de tous les jours, pour se rappeler le bonheur de se retrouver parmi les enfants, les parents, les amis qui sont en fait le centre de notre vie. Le temps de Fêtes, c’est beaucoup un environnement qui nous permet de vivre… ailleurs qu’au jour le jour.

À tous et toutes, mes meilleurs vœux pour un temps des Fêtes qui permet de redire et de revivre l’amour familial.

Par ailleurs, j’ai une pensée toute spéciale pour tous ceux qui pour la première fois vivront un temps des Fêtes sans cet enfant, sans ce parent, sans cet ami décédé au cours de l’année. Le temps des Fêtes, d’une certaine façon, nous forcera à revivre ce deuil. C’est malheureusement un passage obligé… qui est par ailleurs le signe d’un amour toujours présent. À toutes ces personnes, je souhaite un bon courage dans les jours qui viennent.

Je pense aussi à tous ces jeunes parents qui vivront un premier Noël avec un nouveau-né, voire des jumeaux. C’est toute une vie, une si belle vie, qui se poursuit. Je vous souhaite de jouir de ces moments de grâce, des moments uniques de vie.

Un mot, enfin, aux membres de ma communauté de foi. Croyant en Jésus-Christ, nous savons que cet Enfant a changé notre vie, faisant de nous des fils et des filles de Dieu, frères et sœurs en Jésus-Christ. Une dignité à rien d’autre pareil! Nous sommes à 2000 ans après sa naissance et nous continuons à fêter cet événement unique dans l’histoire de l’humanité, un événement qui a transformé le monde, en commençant par chacun de nous. Joyeuse Fête de la Nativité!

Joyeux Noël! De Bonnes Fêtes! Une vie de famille intense!

Ma prochaine lettre : le 9 janvier 2011

Embrassez souvent vos enfants pour moi.

Kenneth

16 décembre 2010

Jusqu'à trois transitions entre la naissance et six ans


Près du quart des Québécois nés à la fin des années 1990 ont vu leurs parents se séparer ou former un nouveau couple avant de faire leur entrée à l'école primaire, selon une étude de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) dévoilée hier.Si 10 % des enfants nés à la fin des années 1990 ont dû s'adapter à un changement familial lié à l'histoire conjugale de leurs parents, 15 % ont dû, eux, composer avec au moins deux changements familiaux, font remarquer Hélène Desrosiers et Micha Simard dans le fascicule «Diversité et mouvance familiales durant la petite enfance».

Près de 3 enfants sur 10 (28 %) ont vécu avec un seul parent avant de souffler leurs six bougies, tandis que 13 % des enfants ont déjà vécu avec un beau-parent.

Mais c'est une autre statistique qui a étonné la coordonnatrice du Programme d'analyse et de valorisation des données longitudinales de l'ISQ, Hélène Desrosiers. «Il y a au moins 5 % des enfants qui vivent trois transitions entre la naissance et six ans, ce n'est pas négligeable», a-t-elle souligné.

Une vie familiale mouvementée

Toutefois, selon Hélène Desrosiers, il ne faut pas tirer des conclusions hâtives et croire que les petits vivant entourés de leurs deux parents subissent moins de bouleversements pour autant.

Les données montrent qu'au moment où ils fréquentaient la maternelle, environ 25 % des enfants avaient au moins un parent éprouvant des difficultés conjugales importantes. «Dans les familles apparemment intactes, il y a beaucoup de parents qui vivent la détresse conjugale et l'enfant est exposé à cela», a souligné Mme Desrosiers, ajoutant qu'il faut déboulonner le mythe du «long fleuve tranquille» chez ce type de ménage.
«Il ne faut pas stigmatiser plusieurs types de familles puisque dans certains cas, la rupture peut être bénéfique», avertit-elle, avant de préciser qu'il ne faut pas voir les choses en noir et blanc. «C'est complexe, il ne faut pas dire que certains groupes sont désavantagés sans nuances», a insisté la coauteure du fascicule.

Même si un grand nombre de recherches montrent que la coopération entre les ex-conjoints constitue un facteur déterminant de l'adaptation des enfants à la séparation de leurs parents, 12 % des mères affirment que le climat de la relation avec leur ex-conjoint était «mauvais» ou «très mauvais», souligne l'ISQ. Malgré tout, la moitié des mères séparées se disent satisfaites de la participation parentale et financière de leur ex-conjoint.
Parmi les enfants fréquentant l'école maternelle dont les parents étaient séparés, 40 % vivaient avec leur mère tout en visitant leur père régulièrement, alors que 20 % ne le voyaient jamais.

Les données présentées dans le fascicule portent sur un échantillon d'environ 1500 enfants suivis de la naissance à six ans dans le cadre de l'Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ELDEQ 1998-2010), dont l'objectif est de comprendre les trajectoires qui, pendant la petite enfance, conduisent au succès ou à l'échec lors du passage dans le système scolaire.

Dès la maternelle, plus d'un enfant sur quatre a vu ses parents se séparer | Silvia Galipeau | Famille

Par Silvia Galipeau, La Presse

Les unions des jeunes parents se font et se défont à la vitesse grand V. À peine à la maternelle, plus d'un enfant sur quatre a déjà vu ses parents se séparer ou reformer une union, 15% des enfants ont connu au moins deux épisodes du genre et 5% en ont vécu jusqu'à trois.

C'est du moins ce que révèle l'analyse Diversité et mouvance familiales durant la petite enfance, rendue publique hier par l'Institut de la statistique du Québec.

Ces résultats s'appuient sur les données de l'Étude longitudinale du développement des enfants du Québec, menée auprès d'un échantillon représentatif des enfants nés au Québec à la fin des années 90. Environ 1500 enfants ont fait l'objet d'un suivi de la naissance à l'âge de 6 ans.

Entre autres observations, on note que, à la maternelle, près de 30% des enfants ont déjà vécu dans une famille monoparentale, et 13% ont vécu avec un beau-parent. L'expérience monoparentale est parfois très courte, à peine 7 mois chez les hommes, 16 chez les femmes. Et c'est sans compter le nombre de parents qui ont un conjoint dit «non cohabitant». «Certaines situations témoignent de la rapidité avec laquelle les unions des parents se font et se défont», écrit Hélène Desrosiers, auteure principale de l'analyse et coordonnatrice à l'Institut de la statistique du Québec.

C'est le cas de Nancy Croussette, mère de trois enfants. Elle s'est séparée de son «conjoint de fait de 10 ans» alors que ses enfants avaient 3, 4 et 6 ans. Depuis, elle a fait quelques rencontres, certaines plus significatives que d'autres. «C'est compliqué. Peut-être deux significatives. Mais je ne sais pas si les enfants en sont conscients.» Ses relations avec le père? «Pas mauvaises, mais ça pourrait être mieux», résume-t-elle. Et son cas n'a rien d'extraordinaire.

Ainsi, pour ce qui est des modes de garde au moment de la séparation, 66% des enfants vivent avec leur mère, 31% sont en garde partagée et à peine 3% vivent avec leur père. À la maternelle, parmi les enfants dont les parents sont séparés, un enfant sur cinq ne voit carrément jamais son père. D'ailleurs, 12% des mères ont déclaré que leur relation avec leur ex-conjoint était mauvaise ou très mauvaise.

C'est d'ailleurs ce qui fait bondir Élise Mercier-Gouin, psychologue au centre jeunesse de Montréal. «Ce qui me préoccupe, c'est quand j'entends que 20% des enfants ne voient plus leur père. Si un enfant perd un parent, il perd un des éléments de protection à la base de son développement personnel», dit-elle.

Mais ce n'est pas parce que les parents sont encore ensemble que le portrait est plus rose. L'étude révèle en effet que 25% des enfants de maternelle ont au moins un parent qui éprouve des difficultés conjugales importantes.

D'où l'intérêt de l'étude, conclut l'auteure, qui dresse un portrait tout en nuances de la vie de famille. «Moi, je suis partisane des nuances, explique Hélène Desrosiers. Certaines études tendent à banaliser l'impact des ruptures, mais elles ne regardent pas l'impact du cumul des ruptures. D'autres dramatisent. Or, il faut tenir compte de tout le contexte pour en évaluer l'impact sur les enfants.»

Elle compte d'ailleurs se pencher sur l'impact de ces ruptures non seulement précoces, mais aussi multiples, sur le développement des enfants. À suivre.

14 décembre 2010

Les filles ne sont pas nulles en sciences

Publié par Amanda Schaffer, sur Slate.fr

En novembre dernier, des chercheurs de l’université du Colorado ont publié une expérience psychologique qui paraît presque trop belle pour être vraie. Ils ont montré que deux exercices de rédaction de 15 minutes imposés à une classe d’introduction à la physique au début du semestre pouvaient améliorer de façon conséquente les résultats des étudiantes. Plus curieux encore: ces exercices n’avaient rien à voir avec la physique. Les étudiantes devaient disserter sur des sujets importants à leurs yeux, comme la créativité ou les relations avec la famille et les amis. Comment quelques paragraphes sur les valeurs personnelles peuvent-ils se traduire par une meilleure maîtrise des poulies et des forces de frottement?

En maths et en sciences, les clichés sexistes suffisent parfois à entraver insidieusement les capacités des filles. C’est le principe de la menace du stéréotype, avancé par les psychologues Joshua Aronson et Claude Steele et aujourd’hui largement établi, comme je l’ai déjà évoqué dans Slate.com. La menace du stéréotype est susceptible de s’exercer pleinement lorsqu’on pousse les membres d’un groupe stéréotypé à penser qu’ils en font partie—en d’autres termes, quand les femmes se focalisent sur le fait d’être femme ou les Afro-américains sur celui d’être noir. Si elle provoque des problèmes de performance, la menace du stéréotype peut très bien être combattue, souvent de manière très simple. Comme le montrent les exercices de rédaction du Colorado, inciter les femmes à se concentrer sur ce qui est important pour elles peut les motiver. La leçon à en tirer est que de petites doses d’encouragements peuvent faire beaucoup de bien.

Le cercle vicieux du cliché

Voici ce que nous savons du mode de fonctionnement de la menace du stéréotype: dans les années 1990, les chercheurs ont découvert que si l’on disait à des étudiantes sur le point de passer un test de mathématiques que cet examen avait «révélé des différences de résultats entre les sexes», elles obtenaient de moins bons résultats que les autres. De même, les étudiantes à qui l’on avait demandé de visionner des publicités montrant des ménagères écervelées s’extasiant sur des préparations pour brownie ont ensuite montré moins d’intérêt pour les travaux mathématiques. La menace du stéréotype est un délinquant universel: elle peut saper la confiance des hommes blancs sur les terrains de basket, ou des hommes en général dans les tests de sensibilité sociale. Dès lors que l’on craint de confirmer un cliché négatif, par exemple que les filles ne sont pas fortes en maths ou que les hommes blancs ne savent pas sauter, on est moins susceptible de faire de son mieux. Comble de la frustration, les stéréotypes que l’on veut tant éviter peuvent se réaliser justement parce qu’on les craint. Cette menace peut même s’aggraver à mesure que les femmes engagées dans des carrières mathématiques et scientifiques progressent, à la fois parce qu’elles ont moins de condisciples et de modèles féminins, et parce qu’elles peuvent davantage être imprégnées «d’associations implicites selon lesquelles les maths c’est pour les garçons», comme le souligne la psychologue Cordelia Fine dans son formidable nouveau livre Delusions of Gender.

D’un autre côté, dans une étude de 2007 sur des étudiants en calcul de haut niveau de l’université du Texas, des psychologues ont prouvé que la menace du stéréotype n’était pas une fatalité. Au début de l’un des examens, la moitié des étudiants ont dû lire la déclaration suivante: «L’analyse de milliers de ces tests a montré que les hommes et les femmes obtenaient les mêmes résultats à cet examen.» Les femmes qui ont l’ont lue ont obtenu, en moyenne, des résultats bien supérieurs aux autres étudiantes de la même classe. Elles ont même obtenu de meilleurs résultats que les hommes.

Et voilà qu’aujourd’hui, les chercheurs du Colorado ont montré que les exercices de rédaction pouvaient aussi faire une différence pour les étudiantes en sciences. Dans une étude en double aveugle publiée à la mi-novembre dans Science, les chercheurs ont travaillé avec 399 étudiants de licence suivant un cours de physique basée sur le calcul. Certains, choisis au hasard, durent rédiger un texte sur deux ou trois des sujets suivants: «apprendre et approfondir ses connaissances», «l’appartenance à un groupe social», «les capacités sportives», «la relation avec la famille et les amis» et «le sens de l’humour». Ils durent ensuite réfléchir sur la raison pour laquelle ces choses étaient importantes à leurs yeux (les autres étudiants reçurent la même liste de valeurs, mais durent choisir les moins importantes et disserter sur les raisons pour lesquelles elles pouvaient paraître importantes aux yeux des autres). Les étudiants se livrèrent à ces exercices au début du semestre, alors qu’ils étaient susceptibles de manquer un peu d’assurance par rapport à leurs cours: la semaine de la rentrée, puis au milieu du trimestre.

Regain de confiance

Les bénéfices furent spectaculaires. La plupart des étudiantes qui eurent un C à l’exercice étaient celles qui avaient écrit sur les valeurs qui les concernaient le moins. La plupart de celles qui obtinrent un B avaient écrit sur ce qui importait à leurs yeux (aucun effet sur les étudiantes qui obtinrent un A, ni sur les hommes en général). Celles qui avaient affirmé leurs valeurs eurent aussi de meilleures notes lors d’un examen standardisé de concepts physiques clés, passé à la fin du trimestre. Le plus frappant est que les femmes qui avaient affirmé croire au stéréotype de la supériorité masculine en physique furent justement celles qui bénéficièrent le plus de l’exercice.

Comment tout cela fonctionne-t-il? Les psychologues Akira Miyake et Tiffany Ito, et le physicien Noah Finkelstein, qui figurent parmi les auteurs de l’étude, affirment ne pas avoir de certitude. Ils soupçonnent que les femmes qui avaient écrit sur des valeurs qui leur étaient chères se sentaient un peu plus à l’aise ou plus détendues en cours. Peut-être cela les a-t-il aidées à absorber davantage de connaissances, ou les a incitées à travailler plus dur. Et c’est peut-être cela qui leur a permis d’obtenir des résultats un peu meilleurs au premier examen, ce qui leur a donné un regain de confiance et n’a fait que les motiver davantage. Cercle vertueux facile à imaginer.

Cette étude a suivi des étudiants en physique pendant un semestre, mais il est fort possible que les effets de ce genre d’exercice rédactionnel soient plus durables. Dans un article de 2006 publié dans Science, le psychologue de Stanford Geoffrey Cohen a montré que le même genre d’exercices d’écriture augmentait les notes des collégiens afro-américains. Deux ans plus tard, après plusieurs exercices de suivi, les bénéfices étaient encore visibles.

Naturellement, la menace du stéréotype n’est pas la seule raison expliquant la sous-représentation des femmes dans les domaines mathématiques et scientifiques. Certains des co-auteurs de la nouvelle étude avaient déjà découvert que les différences de milieu expliquaient 60% des inégalités des notes en physique de leurs étudiants hommes et femmes, sachant que les garçons étaient plus susceptibles d’avoir choisi l’option physique au lycée. Après le test des exercices écrits d’affirmation de soi, les chercheurs se sont livrés à une autre analyse des différences de notes en maths sur des examens antérieurs, en faisant le rapport avec le taux de fréquentation plus ou moins élevé de cours de maths et de physique. Cette fois, ils n’ont trouvé aucune disparité significative entre les sexes dans les résultats des examens de physique standard ou dans les autres examens de la matière. Cela implique qu’avec la même éducation scientifique que les hommes, dans une certaine mesure, ce genre d’exercices de rédaction pourrait finir de combler le fossé entre les sexes —ou en tout cas, s’en rapprocher. Dans un monde où certaines femmes s’inquiètent à l’idée de ne pas être d’aussi bonnes scientifiques que les hommes, il semblerait que nous disposions d’un outil facile à utiliser pour les aider à venir à bout des démons qui sapent leur potentiel.

13 décembre 2010

Des bonnes nouvelles de nos ados

Publié dans La Presse, 13 décembre 2010, par Yves Boisvert

Ça ne paraît pas toujours, je sais, mais les élèves québécois de 15 ans sont parmi les meilleurs du monde. Malgré la foutue réforme, ils apprennent encore des choses! Et mieux que la plupart des adolescents évalués par l'OCDE. [Voir l'étude PISA 2009 ici]

Avouez que vous ne l'aviez pas vue venir, celle-là...

C'est pourtant assez constant depuis que ce programme international (PISA) existe: les élèves québécois se classent dans le top 5 ou le top 10 dans les trois matières évaluées: la lecture, les mathématiques et les sciences.

La nouvelle étude est censée avoir évalué pour la première fois les élèves de la réforme. Résultat? Ils se classent aussi bien qu'avant.

Je sais, je sais, il y a mille raisons de déplorer un million de choses qui vont tout croche dans notre système d'éducation, et on ne s'en prive généralement pas. Permettez tout de même qu'aujourd'hui on réalise qu'au bout du compte, les adolescents du Québec savent mieux lire, mieux compter et mieux comprendre les idées scientifiques que ceux de presque tous les pays.

On râle, on râle souvent, les parents, les élèves, les médias... Tout le monde râle contre l'éducation au Québec. Mais dans combien de domaines évalués un peu sérieusement peut-on se dire qu'on est parmi les meilleurs du monde?

En lecture, les élèves québécois se sont classés 6es parmi les 65 pays évalués - au 4e rang canadien.

Et en mathématiques, le Québec obtient le premier rang au Canada et n'est devancé que par Shanghai, Singapour, Hong-Kong, la Corée et Taipei. Il devance la Finlande, peut-être le pays occidental où l'on prend l'éducation le plus au sérieux.

L'étude révèle, sans surprise, que les filles réussissent mieux en lecture que les garçons et que ceux-ci obtiennent de meilleurs résultats que les filles en maths et en sciences.

Fait à noter, il n'y a pas de différence significative entre les systèmes scolaires anglais et français au Québec, sauf en mathématiques, où les francophones réussissent sensiblement mieux.

Autrement dit, les garçons francophones du Québec réussissent au plus au haut niveau mondial en mathématiques. Arrêtez de leur dire qu'ils sont moins bons que les filles, et donnez-leur une bine affectueuse de ma part si vous en voyez un passer.

J'en vois qui doutent au fond de la classe... Vous n'y croyez pas, hein, monsieur? C'est pourtant une étude qui existe depuis longtemps et qui est faite avec des critères rigoureux de comparaison. Oui, madame.

C'est comme ça, il n'y a rien à faire, c'est vraiment une bonne nouvelle au sujet de nos adolescents.

Mais ne vous en faites pas, la vie médiatique reprendra son cours normal et dès demain, on aura oublié tout ça.

On parlera de décrochage et on aura raison, on verra que l'Ontario a pris le taureau de l'abandon scolaire par les cornes en s'occupant de ceux qui ont besoin de soutien. On y viendra.

Mais ce matin, tout de même, je propose une trêve de 24 heures.

En vérité, c'est davantage une bonne nouvelle «pour» nos adolescents qu'une bonne nouvelle à leur sujet. La bonne nouvelle, c'est que malgré tout ce qu'on peut en dire et en craindre, ils sont généralement entre les mains de professeurs compétents.

Sans farce: pour obtenir de pareils résultats, nos profs doivent avoir fait deux, trois trucs vraiment bien pendant que les pédagogues du Ministère avaient le dos tourné à concocter des réformes.

On allait peut-être oublier que ce métier attire encore pas mal de gens qui aiment passionnément les enfants et la transmission du savoir.

Lors des rencontres de profs, je les écoute expliquer ce qu'ils vont faire, ce qu'ils ont fait, les projets, la matière, l'évaluation... Des fois (des fois), j'ai envie de leur dire: vous faites un travail admirable. Mais je ne le leur dis pas.

C'est incommensurable, ce qu'un professeur peut faire dans une vie, quand on y pense. Il n'y a pas que les médecins qui sauvent des gens.

Si on calcule qu'il veillera dans sa carrière à former le cerveau de 1000 ou 2000 ou 3000 ou je ne sais combien d'êtres humains, on commence à voir l'importance de cette armée pacifique dans le développement d'un pays, de ses gens, de sa culture, de son économie.

Souriez ce matin (juste ce matin), citoyens, nous avons au Québec l'un des meilleurs contingents en Occident.

(Aux ados, finalement, pour éviter tout malentendu, je rappelle la différence entre le général et le particulier. Je vous félicite très fort en général, mais je vous dis ceci en particulier: bottez-vous le derrière, c'est le temps des examens.)

Pour joindre notre chroniqueur: yves.boisvert@lapresse.ca

Les services offerts aux entreprises par le réseau de l'éducation : pour un meilleur accès aux ressources collectives

Dans un avis qu’il rend public aujourd’hui, Les services offerts aux entreprises par le réseau de l'éducation : pour un meilleur accès aux ressources collectives, le Conseil supérieur de l’éducation souligne qu’étant donné le retard du Québec quant à la participation des adultes à la formation continue et l’ampleur du défi à relever pour assurer le développement de la main-d'œuvre en emploi, il importe de faire connaître l’expertise des organismes du réseau de l’éducation en matière de services aux entreprises et d’assurer le maintien et la continuité d’une offre de services de qualité.

Le Conseil reconnaît d’emblée la responsabilité des entreprises en ce qui concerne la formation et le perfectionnement de leur personnel. Il rappelle toutefois que, du fait de ses retombées collectives sur la société québécoise, la formation continue de la main-d’œuvre se situe à la jonction du domaine privé et du domaine public. Aussi l’apport du réseau de l’éducation doit-il être envisagé dans une perspective de complémentarité des actions afin de favoriser un meilleur accès aux ressources publiques.

Désirant participer à la réflexion sur la contribution des acteurs publics au développement des entreprises et d’une culture de formation continue en leur sein, le Conseil a voulu, par cet avis, mettre en lumière la réponse du réseau de l’éducation aux besoins des entreprises et à ceux de leur personnel en matière de formation continue.

Des encadrements pour un meilleur accès à l’expertise

Le Conseil constate que les organismes scolaires sont présents et actifs et qu’ils déploient des efforts importants afin d’apporter une réponse aux besoins des entreprises et à ceux de formation continue de la main-d’œuvre en emploi. Toutefois, malgré l’expertise qu’ils ont développée depuis plus de 40 ans, on ne trouve aucun mandat explicite à cet égard dans les lois et règlements qui régissent le réseau de l’éducation. L’absence d’encadrement officiel fragilise la capacité des organismes d’offrir leur expertise et l’accès des entreprises, de leur personnel et des organisations à ces ressources collectives.

Le Conseil invite donc la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport à affirmer le mandat des organismes scolaires en matière de services aux entreprises et à favoriser le maintien et la continuité de ces services dans le réseau de l’éducation en y allouant les ressources nécessaires.

Vers une meilleure synergie des actions au sein des organismes du réseau de l’éducation

Par ailleurs, le Conseil observe qu’à tous les ordres d’enseignement, les services aux entreprises se situent généralement en périphérie des activités régulières des établissements d’enseignement, ce qui crée certaines tensions au sein même des organismes, notamment dans le recours à l’expertise du personnel enseignant régulier et dans l’utilisation des espaces et du matériel.

C’est pourquoi, dans le but de favoriser une action plus cohérente au sein de chaque organisme et de meilleures retombées institutionnelles des services offerts aux entreprises, le Conseil recommande notamment aux organismes scolaires d’encourager les échanges d’expertise professionnelle entre les personnes affectées à l’enseignement régulier et le personnel des services aux entreprises et de faciliter l’utilisation des ressources humaines et matérielles des établissements d’enseignement aux fins de la formation continue dans les entreprises.

Un partenariat à établir entre les acteurs publics

Le Conseil observe finalement qu’au Québec la collaboration entre les acteurs publics du réseau de l’éducation et ceux du réseau de la main-d’œuvre varie d’une région à l’autre, qu’elle tient souvent aux personnes en place et que le partenariat a de la difficulté à s’installer à demeure.

Le Conseil invite les organismes scolaires à convenir de la meilleure utilisation possible de leurs créneaux d’intervention respectifs sur un territoire donné, régulant ainsi l’offre de services aux entreprises du réseau de l’éducation.

Convaincu que la pertinence de la réponse du réseau de l’éducation aux besoins des entreprises et de leur personnel sera d’autant plus assurée qu’elle sera établie en collaboration avec les organismes de main-d’œuvre, le Conseil appelle donc au partenariat des acteurs publics du réseau de la main-d’œuvre et du réseau de l’éducation.

Lettre du commissaire (no. 485, 12 décembre)

Chers amis, Bonsoir,

Vraiment avec cette neige, on ne s’y trompe pas. On sent le temps des Fêtes!
La récréation
La semaine dernière, je vous ai demandé de m’indiquer les périodes de récréation à l’école primaire de votre enfant. Merci aux parents qui m’ont répondu. Je serais heureux de recevoir l’information des autres parents.
Madame Diane De Courcy à Georges-Vanier
La présidente de la CSDM, madame Diane De Courcy, a commencé sa tournée des écoles secondaires. Il s’agit pour elle de rencontrer individuellement chacune des directions d’école et, en groupe, les enseignants.

En compagnie du directeur de Réseau, monsieur Maurice Lachance, nous avons rencontré la semaine dernière les gens de Georges-Vanier. La discussion a porté essentiellement sur la performance des élèves et de leurs enseignants dans les diverses disciplines académiques, la persévérance scolaire à l’école et les développements à venir. À ce sujet, il a été notamment question du dôme de soccer, un équipement multi-sports que l’on veut construire à l’arrière de l’école. Au début de la prochaine année, je vous en parlerai plus longuement.
Exposition à St-Étienne
Jeudi passé, des élèves de l’école ont pu exposer leurs travaux, ce qui a suscité un très grand intérêt tant chez les autres enfants de l’école que chez les parents. Belle initiative!
L’évolution de la population scolaire
Il y a quelque temps, la CSDM a été saisie d’une étude démographique produite par le ministère de l’Éducation sur les effets, en milieu scolaire, tant de l’immigration que du mini baby-boom des dernières années. L’étude révèle que d’ici 10 ans, la CSDM devra scolariser 10 000 enfants de plus qu’aujourd’hui. Pour donner une idée de ce que cela signifie : si une école primaire reçoit 350 élèves, il faut 3 écoles pour 1 000 élèves et 30 pour 10 000.

Par ailleurs, le gouvernement du Québec a annoncé l’an passé une réduction substantielle de que l’on appelle le « ratio maître-élèves ». Le ratio variera selon les cycles du primaire, mais il baissera. Autrement dit, alors que quatre salles de classe pouvaient être suffisantes pour scolariser 100 élèves, on pourrait en avoir besoin de cinq.

Et les tendances démographiques et la décision gouvernementale sont de bonnes nouvelles. Elles exigent cependant qu’on doive s’organiser en conséquence.
Les effets de ses bonnes nouvelles dans La Petite-Patrie
Les écoles actuelles comptent suffisamment d’espace et de salles de classe pour une adaptation sans problème. Pas question dans La Petite-Patrie de construire d’écoles nouvelles. Il faudra cependant faire attention au nombre d’enfants qu’on accueille dans les classes de maternelle; il ne faudrait pas accepter des enfants qu’on ne pourrait pas scolariser jusqu’à la fin du troisième cycle.
Les effets dans Villeray
La situation se corse un peu ici. On prévoit qu’il manquera d’espace à l’école Marie-Favery; on devra agrandir l’école. Heureusement que la cour de cette école est très grande. À ce moment-ci, les données ne permettent pas d’affirmer que des problèmes se poseront ailleurs.
Le budget du commissaire
Il y en a qui sont vite! J’ai déjà reçu les demandes des écoles St-Arsène et St-Ambroise.
Comité des Lève-tôt
C’est mardi à 8 h que le comité des Lève-tôt de La Petite-Patrie se réunira pour la dernière fois en 2010. La réunion se tiendra comme toujours au sous-sol de la Caisse St-Arsène. Il sera notamment question du Magasin-Partage de Noël et de l’évolution des écoles du quartier.
L’avenir du 7400
Tout le monde connaît l’ancien Institut des sourds-muets au 7400, St-Laurent. Un groupe de gens d’affaires veut acheter l’immeuble et le terrain, propriété des Clercs de St-Viateur. Des audiences de l’office de consultation de Montréal ont eu lieu la semaine dernière à l’église orthodoxe St-Nicholas. Plusieurs groupes de Villeray se sont exprimés. Avec raison, on a insisté notamment sur les besoins en logement des citoyens actuels du quartier.
Logement recherché
Le père d'un enfant qui fréquente l’école St-Arsène cherche un appartement avec deux chambres à coucher, près de l'école (dans le quadrilatère St-Denis, Faillon-Everett, Fabre et Beaubien, si possible). On prend contact avec Maxime au 514-356-3273.


Voilà pour cette semaine.

Des questions? Des commentaires? Écrivez-moi.

Embrassez vos enfants pour moi.

Bonne semaine.

Kenneth

7 décembre 2010

La lettre du commissaire (no. 484, 5 décembre)

Chers amis, Bonsoir

Comme vous le verrez, ma lettre de ce soir est moins longue que celle de la semaine dernière!!!

1. Ma lettre … un vendredi
L’immense majorité des gens qui reçoivent ma lettre dominicale dans leur ordinateur ont dû être surpris de la recevoir, non dimanche ou lundi passés,… mais bien vendredi. C’est que j’ai eu à faire face à un problème informatique imprévu. Vous êtes de plus en plus nombreux à recevoir ma lettre sur votre ordinateur (plus de 650) et mes lettres sont de plus en plus longues. Il a donc fallu revoir certaines choses au plan informatique! Mais tout est maintenant réglé.

2. La Guignolée dans La Petite-Patrie: les résultats
Un premier décompte a été fait. En argent, nous avons recueilli 6 805 $. Par ailleurs, les responsables évaluent que les denrées représentent 15 000 $.

3. Une école oubliée
La semaine dernière, j’ai oublié de mentionner une des écoles de mon quartier.

En haut de l’école Gadbois, il y a une toute petite école, Accès Nord. Il s’agit d’un service pédagogique qui accueille des adolescents qui présentent des problèmes académiques, des problèmes d’estime de soi ou de motivation scolaire. Le service est rendu par des enseignants généralistes et spécialistes, une psychoéducatrice, une conseillère d’orientation et une conseillère pédagogique.

Comme ces élèves partagent le même édifice que les enfants de l’école Gadbois, pas surprenant que les adolescents interviennent auprès des enfants. Ainsi, à l’Halloween, les grands ont construit une maison hantée que les enfants ont pu visiter. À l’occasion de Noël, les élèves d’Accès Nord répondront aux lettres que les enfants auront écrites au Père Noël.

4. Les récréations au primaire
Un des éditorialistes de La Presse, François Cardinal, a récemment publié un livre sur le rapport entre les jeunes et la nature. Dans une interview à Radio-Canada, monsieur Cardinal m’a grandement surpris en affirmant que la moitié des enfants de Montréal ne pouvait pas bénéficier de récréations à l’école. Cela m’a grandement surpris car, il y a quelques années, le Conseil des commissaires a adopté une mesure obligeant les écoles qui avaient fait disparaitre les récréations de les réintégrer à l’horaire.

Je veux savoir ce qui se passe dans la réalité.

Qu’en est-il de l’école de vos enfants? Pourriez-vous m’envoyer un courriel précisant :

a) le nom de l’école primaire que fréquente votre enfant b) la durée de la récréation du matin c) la durée de celle de l’après-midi. Par ailleurs, si votre enfant est au service de garde, pourriez-vous me dire pendant combien de temps il est amené à jouer dehors, dans la période où il est au service de garde?

5. Les plans de réussite des écoles
Dans une lettre que j’ai fait parvenir en septembre aux membres des CE et des OPP, j’ai attiré l’attention sur la responsabilité des parents des CE et OPP face au plan de réussite; ce sont les parents du CE qui ont adopté le plan de leur école, il leur revient d’évaluer si les mesures mises en œuvre permettent d’atteindre les objectifs fixés.

Cela dit, nous serons tous appelés au cours de l’année à réviser des éléments du plan de réussite de notre école. À ce sujet, je suggère fortement à chacun de comparer le plan de réussite de son école à celui des autres écoles. Cette proposition que je vous fais peut facilement être mise en œuvre; en effet, les plans de réussite de chacune des écoles de mon quartier sont disponibles à l’onglet « document » de mon site www.kennethgeorge.com.

6. Sites Web pour nos écoles
À la CSDM, près de 200 000 $ sont investis pour doter nos écoles de sites Web. À la séance du 19 octobre, les membres du comité exécutif ont approuvé le choix d’un fournisseur pour la conception et le développement des sites Web des établissements.

Le déploiement des sites Web de nos écoles se fera graduellement, plusieurs étapes restant encore à réaliser.

Ce projet était rendu nécessaire afin d’offrir une plate-forme conviviale commune à tous les établissements. De plus, il permettra d’améliorer les contenus et la qualité de la langue des sites Web. Par ailleurs, les sites Web des écoles nous permettront de mieux informer les parents et le grand public sur ce qui se passe dans nos écoles.

7. Rencontre pour parents d’adolescent
Comme par les années passées, la maison de jeunes l’Hôte-Maison offre gratuitement une session de 10 rencontres pour les parents d’adolescent; il s’agit de permettre l’échange entre les parents pour qu’ils soient mieux soutenus dans leur rôle d’éducateurs. Animée en collaboration avec le CREP (Centre de ressources éducatives et pédagogiques de la CSDM), ces rencontres se feront les mercredis soir de 18 h 30 à 21 h à la maison des jeunes l’Hôte-Maison, 6255, rue Boyer, au coin de Bellechasse. La première rencontre aura lieu le 26 janvier.

Attention! Seuls 10 parents pourront être de ces rencontres. Pour s’inscrire, on appelle Jimmy ou Johanna au 514 273-0805.

8. Regroupement pour le développement de Villeray (RDV)
C’est mercredi à 13 h 30 que se rencontreront les membres du RDV.

9. Mot d’enfant
En se levant le matin, Henri dit à sa maman : « J’ai mal au ventre, c’est parce que j’ai mangé trop de cochonneries hier soir. Il faudra que j’en mange encore aujourd’hui pour que mon ventre s’y habitue. »

Voilà pour cette semaine.

Des questions? Des commentaires? Écrivez-moi.
Embrassez vos enfants pour moi.

Bonne semaine.

Kenneth

Résultats scolaires: les jeunes Canadiens reculent dans le classement mondial

Publié dans la Cyberpresse, 7 décembre 2010, par Ariane Lacoursière

Les plus récents résultats d'une étude internationale sur les résultats scolaires d'élèves de 15 ans de plus de 65 pays révèlent que les jeunes Canadiens performent de façon stable depuis 2000 en mathématiques, en lecture et en sciences. Mais d'autres pays ont vu leur performance augmenter significativement, si bien que le Canada fait moins bonne figure cette année au classement.

[NDLR: tous les résultats de l'étude PISA 2009 sont disponibles sur le site de l'OCDE, en anglais]

Tous les trois ans, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) mène une étude intitulée Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA).

Les résultats de 2009 montrent que le Canada arrive au 4e rang en lecture, derrière la Shanghai, la Corée, la Finlande et Hong Kong.

En 2000, le Canada arrivait au 2e rang en lecture, tout juste derrière la Finlande. Cette année, il a été devancé par des pays qui participaient pour la première fois à l'étude.

Les résultats du PISA montrent également que la proportion d'élèves canadiens très performants est passée de 45 % en 2000 à 40 % en 2009. Un élève sur dix présente aussi des compétences nettement insuffisantes dans ce domaine.

En mathématiques, le Canada arrive au 8e rang, alors qu'en sciences, il se classe au 7e rang. Le pays performe encore une fois moins bien qu'il y a quelques années. En 2003, soit la première année où ces matières avaient été évaluées, le Canada arrivait respectivement au 6e et au 5e rang en mathématiques et en sciences.